Et si le pays roannais était le domaine de recoins secrets, de fermes typiques aux belles pierres nichées dans la campagne, de chemins bucoliques et de petites routes qui mènent vers des ailleurs qui toujours réjouissent le regard ?  C’est en tout cas le sentiment que m’a laissé cette longue marche de 21 km au départ de Saint-Just-la-Pendue très bien préparée par Evelyne, Jean-Luc et Michèl. L’occasion de profiter pleinement d’une nature   qui en ce jeudi d’avril sous un soleil resplendissant nous conviait   à nouveau à la célébration triomphante du printemps.

La marche, c’est aussi la rencontre. La part des autres, en quelque sorte, pour reprendre le nom de la brasserie que nous avons visitée à la fin. Ainsi   avec ce couple bien sympathique habitant une maison en bordure de chemin avec qui j’ai pu bavarder. « Princesse et l’Original » (c’était écrit sur leur tee-shirt) m’ont dit tout leur bonheur de vivre là. Mais la discussion m’a valu de perdre de vue le groupe parti devant ce qui m’a obligé à utiliser mon portable pour le retrouver …  

Marcher avec le GMR et faire le tour du monde, c’est aussi possible. Du moins avec Renée, évoquant son voyage en Nouvelle-Zélande il y a quelques années, et les magnifiques paysages de cet archipel préservé qu’elle a arpentés (elle n’avait pas encore sa montre connectée qu’elle porte fièrement et qui lui indique ses performances, ce qui, nous a-t-elle glissé, lui permet parfois de se féliciter elle-même). Ou avec Claude, qui revient d’un périple au Laos et qui, dans la chaleur moite du climat de ce pays, a courageusement crapahuté de village en village, avec immersion chez l’habitant aux étapes. Confort plus que sommaire, mais le cœur y était ! Et comme il savait qu’un repas chez Troisgros, cadeau d’anniversaire de ses parents, l’attendait au retour, cela l’a peut-être aidé à supporter la frugalité sur place.

Nous avons donc conclu cette journée de randonnée par un pot au bar « la part des autres » vraiment particulier puisque c’est celui d’une brasserie artisanale que le jeune et accueillant gérant nous a fait visiter ensuite, bel exemple de réussite pour dynamiser l’économie locale.

Reste la question de l’origine du nom quelque peu glaçant du village de St-Just-la-Pendue.  Selon une tradition orale, une femme condamnée pour infidélité serait restée pendue dans un bois pendant quatre jours au bout desquels elle tomba à terre « pleine de vie, preuve de son innocence ». Nous n’avons pas repéré le lieu du supplice de la malheureuse victime, mais j’ai pu voir une corde laissée sur le chemin. Un signe qui ne trompe pas, pour une histoire de pendaison … qui se termine bien.

Norbert Véran

 

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